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Vendredi 28 août 2026

« God of War », mariage magistral du feu et de la glace

Ce reboot arrache Kratos à la Grèce antique pour le jeter dans les terres d’Odin, flanqué d’un fils en quête d’un regard fier qui ne vient jamais. Cory Barlog y fond la colère et la tendresse dans un même mouvement de caméra, sans une seule coupe.

GOTY
Aquarelle bleue d'un guerrier masqué tenant une hache, marchant aux côtés d'un enfant armé d'une lance, sur fond blanc.

Au cinéma, on appelle ça un plan-séquence, c’est-à-dire une scène composée d’un seul et unique plan, sans aucun montage ni plan de coupe. Un seul bloc qui accroît l’impression de réalisme du film et son impact sur le spectateur. C’est la mise en scène choisie par le directeur créatif Cory Barlog pour cet épisode de la saga « God of War », sorti en avril 2018 sur PlayStation 4. Après cinq ans d’absence, ce retour est une claque visuelle, ludique et émotionnelle.

Depuis 2005, « God of War » prend pour décor la mythologie grecque pour conter le destin furieux d’un homme, Kratos. Il est l’envie, l’orgueil et surtout la vengeance. Ex-brillant capitaine de l’armée spartiate devenu demi-dieu de la guerre, brutal et sanguinaire après avoir tué, malgré lui, sa femme et ses enfants, il n’a alors qu’une seule idée en tête, se venger de Zeus et de la totalité de l’Olympe. Kratos, c’est la colère d’Achille puissance jeu vidéo. La saga appartient au genre du beat’em all, littéralement « battez-les tous », une formule d’action où les combos s’enchaînent contre des créatures mythologiques toujours plus nombreuses. Sur PlayStation 2 puis PlayStation 3, elle pousse le spectaculaire à des sommets homériques, harpies déchiquetées en gros plan, colosses escaladés comme des montagnes vivantes, cadrages dignes d’un péplum hollywoodien. La violence chorégraphiée tient lieu ici de langage.

En 2018, Kratos n’a guère changé. Le voilà vieilli, exilé de la Grèce antique vers les décors froids de l’Europe du Nord et de sa mythologie odinienne, où il demeure ce taiseux coupe-jarret proférant des phrases un peu toutes faites. Ce qui a changé, c’est ce fils qui ne le quitte jamais, chétif, bavard, curieux, en quête d’un regard fier du père, un regard qui ne vient évidemment jamais. Pendant les 25 heures de cette aventure sans temps mort, ces deux-là vont devoir s’apprivoiser.

L’un des meilleurs jeux de sa décennie

« God of War » rejoue le mythe de l’Odyssée et les retrouvailles d’Ulysse et Télémaque à Ithaque, comme si le père et le fils ne s’étaient jamais quittés et restaient pourtant à se découvrir. L’équilibre tient d’un bout à l’autre entre les phases de combat rageuses, hache au poing, et les séquences d’incompréhension entre générations, où les gestes de tendresse se manquent. Pareille union de l’action et de la compassion reste rarissime dans le jeu vidéo, et elle touche son but dans ce royaume d’Odin beau à se damner, où la monstruosité des ennemis répond à celle des sentiments. Le résultat dépasse le cadre de la saga, dont il est le meilleur épisode à nos yeux, le mariage magistral du feu et de la glace.

Bande annonce

L'événement

God of War

Dates
20 avril 2018
Nature
Sortie jeu vidéo
Plateformes
PlayStation 4, PlayStation 5, PC (Steam, Epic Games Store)
Infos pratiques

« God of War », jeu de Santa Monica Studio, édité par Sony Interactive Entertainment, sorti le 20 avril 2018 sur PlayStation 4, disponible aujourd’hui sur PlayStation 4, PlayStation 5 et PC (Steam, Epic Games Store).