Le National Videogame Museum de Sheffield ouvre « Together We Play » le 18 juillet. Il y montre une bibliothèque de Tomb Raider homologuée par le Guinness, le salon miniature d’un amateur et une fresque tirée de conversations avec des joueurs. Aucune de ces pièces ne lui appartient.
Une bibliothèque de Tomb Raider record du monde, réunie par Amy Dyson. Le Mario Museum de Steven Bagley, des années de jeux et de goodies Nintendo. Un salon des années 80 reconstitué en miniature par Lee Smithson, avec son Commodore 64, le micro-ordinateur familial de la génération qui a fabriqué l’industrie britannique du jeu. Une fresque de l’artiste sheffieldien William Exley, tirée de centaines de conversations menées avec des joueurs à travers le Royaume-Uni. Des croquis de cosplayeurs pris sur le vif à la MCM Comic Con par Peony Gent. Sheffield entièrement rebâtie dans Minecraft avec l’artiste Adam Clarke, le festival DocFest et les habitants de la ville. Et deux espaces jouables, un salon-PC où tourne Doom, un coin Mario Kart Wii.
Voilà « Together We Play », exposition d’été du National Videogame Museum, à partir du 18 juillet et jusqu’au 1er septembre. Le seul musée du Royaume-Uni entièrement consacré au jeu vidéo confie sa galerie aux joueurs et aux fans, dit le communiqué.
Il faut prendre la phrase au pied de la lettre. Le musée conserve 5 000 objets de patrimoine vidéoludique et plus de cent bornes et consoles jouables. Cet été, il n’en montre presque rien. Il montre ce que d’autres ont accumulé chez eux.
La question se pose donc : pourquoi une institution nationale expose-t-elle les collections des autres ?
Le musée avance une réponse, et elle est cohérente. Le patrimoine du jeu vidéo n’est pas dans les cartouches, il est dans ce que les gens en ont fait — des amitiés, des collections, des costumes, des souvenirs de salon. Le titre le dit : on joue ensemble. La collection Dyson vaut moins par ses boîtes que par la vie qu’il a fallu pour les réunir.
Il y a une autre réponse, moins glorieuse, et les deux coexistent sans se contredire. Le NVM ouvre en 2015 à Nottingham, sous le nom de National Videogame Arcade, premier centre culturel au monde consacré au jeu vidéo. Il frôle la fermeture dès l’année suivante. Il déménage à Sheffield en novembre 2018, dans Castle House, un ancien grand magasin coopératif classé du centre-ville. En mars 2020, son directeur Rick Gibson écrit que le Royaume-Uni risque de perdre le seul musée consacré au jeu vidéo, faute d’un filet de sécurité financier. Les dons sauvent la maison, 200 000 livres venues de plus de sept cents personnes. À Noël 2025, le musée passait encore le chapeau, pour 30 000 livres cette fois, en se décrivant comme une association sans financement structurel. Il attend toujours son accréditation officielle de musée.
« Together We Play » est financée par le fonds patrimoine du British Film Institute, alimenté par la loterie nationale. Un fonds écrit pour les archives du cinéma, où le jeu vidéo entre au nom de la convergence des écrans. Le plan 2026-2029 de l’institut est explicite : le film reste la priorité.
Un musée que l’État ne dote pas, qui doit son existence à ses visiteurs, expose ses visiteurs. Conviction ou nécessité, on ne saura pas. Les deux se ressemblent beaucoup.
« Together We Play »
- Dates
- 18 juillet – 1er septembre 2026
- Nature
- Exposition
- Lieu
- National Videogame Museum
« Together We Play ». National Videogame Museum, Castle House, Angel Street, Sheffield. Du 18 juillet au 1er septembre 2026. Un billet acheté cet été donne droit à des retours illimités jusqu’au 1er septembre.