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Vendredi 28 août 2026

« Contra » : de la borne à la case

Konami confie à l’éditeur américain Mad Cave Studios une série de 12 numéros tirée de son jeu d’arcade mythique. Le contrat oublie la France, déjà privée jadis des héros originaux au temps de « Probotector ».

Illustration monochrome bleutée de trois soldats armés progressant en formation dans un nuage de fumée.

En 1987, deux mercenaires torse nu, taillés sur les gabarits de Schwarzenegger et Stallone, arrosaient la jungle des salles d’arcade. Les jeunes Européens, eux, n’ont jamais vu leurs visages : censure allemande oblige, Bill et Lance furent remplacés sur ce continent par deux robots, et « Contra » rebaptisé « Probotector ». Quarante ans plus tard, les deux hommes reprennent du service — sur papier. Konami Cross Media NY, la filiale new-yorkaise qui gère les licences du groupe japonais, vient de confier à Mad Cave Studios une série de 12 numéros, assortie de recueils et d’une édition de luxe, dont le premier fascicule paraîtra en janvier 2027.

L’éditeur indépendant de Miami n’est pas seul sur ce terrain. Dark Horse programme encore un nouveau volet de ses comics « Cyberpunk 2077 » pour octobre, et Konami lui-même connaît la route : une bande dessinée « Silent Hill » fut, dès 2017, l’un des tout premiers titres du français Mana Books, label spécialisé dans le livre vidéoludique. Les professionnels du secteur, tel le britannique Rebellion, rangent d’ailleurs la bande dessinée, l’anime et le manga parmi les grandes tendances 2026 de la licence : faute de nouvel épisode depuis « Contra: Operation Galuga » (WayForward, 2024), c’est la case qui entretient la flamme du run and gun, ce tir en pleine course.

Un bémol, et de taille : le contrat couvre les Amériques, le Royaume-Uni, l’Irlande, l’Australie et la Nouvelle-Zélande — rien pour la France. Les joueurs européens, qui durent jadis se contenter de robots quand le reste du monde incarnait des hommes, attendront une fois de plus leur version.
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